Défendez le droit d'asile !

Toujours plus de demandes d'asile fondées !

Les derniers chiffres fiables et consolidés fournis par l'OFPRA montrent que la demande d'asile n'a jamais été aussi fondée que ces dernières années.

 Le Bilan de la demande d'asile et d'apatridie

Chaque année, dans le courant du mois d'août, l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) met en ligne son Bilan de la demande et d'apatridie.

Ce petit document de quelques pages permet de savoir, chiffres à l'appui, ce qu'il est advenu d'une demande d'asile enregistrée à une année n. Avec les délais d'examen et les recours possibles, il existe en effet un écart de plusieurs années entre l'enregistrement et le résultat final d'une demande de protection. L'OFPRA estime que cet écart est de 4 années (n + 4). En août dernier, il a été (enfin) possible de savoir avec quasi-certitude ce qu'il est advenu des demandes d'asile enregistrées en 2008.

Et qu'apprend-on à la lecture de ce Bilan ?

Que, contrairement à tout ce que nous entendons ici et là, il n'y a jamais eu autant de demandes d'asile fondées qu'en 2008.

Avec un total de 35,6 % « d'admission au bénéfice de l'asile » (c'est l'expression consacrée), il n'y a jamais eu autant de réfugiés que parmi les demandeurs d'asile arrivés en France en 2008.

Nous pouvons presque faire le même constat en nous référant aux chiffres absolus : avec 9 591 réfugiés pour 26 935 demandes, on atteint « presque » le nombre des années 2003 et 2004 (respectivement 11 075 et 11 856 réfugiés pour 52 409 et 50 343 demandes d'asile).

Année 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Nbre de demandes d'asile 52 409 50 343 42 272 26 023 23 588 26 935
Nbre de protections 11 075 11 856 10 612 8 281 8 292 9 591
Pourcentage 21.13 % 23.55 % 25.10 % 31.82 % 35.15 % 35.60 %

Ainsi donc, il y a 4 ans, plus d'1 demandeur d'asile sur 3 avait des craintes légitimes, selon l'OFPRA, d'avoir quitté son pays d'origine et de ne y retourner.

Attention, ne pas obtenir le statut de réfugié ne signifie pas que la demande était illégitime, mais seulement que nos institutions chargées de l'examen « n'y ont pas cru ». Soyons certains que les deux tiers restant n'ont pas tout quitté sans raison.

Et ainsi donc, 1 demandeur d'asile sur 3...

Un tiers de ceux qui ont dormi à la rue ou en centre d'hébergement d'urgence pendant des mois. Un tiers de ceux qui n'ont bénéficié d'aucun accompagnement social, d'aucun soutien psychologique institutionnel. Un tiers de ceux que certains ont appelé des « profiteurs qui détournent la demande d'asile de sa vocation de protection ».

Et aujourd'hui ?

Deux dizaines de demandeurs d'asile dorment plusieurs nuits d'affilée devant la préfecture de l'Isère pour espérer y entrer. Des dizaines trouvent refuge dans des squats grenoblois expulsés. Des dizaines connaissent la faim, le froid et la solitude dans nos rues...

Peut-être qu'un tiers de ceux-là seront, dans les quatre prochaines années, reconnus comme des « vrais » réfugiés.

Et en attendant ?

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Bien entendu, plus que des nombres et des statistiques, ces demandes d'asile représentent, pour l'ADA, des femmes, des enfants et des hommes.

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