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Suites de l'incendie du V.O., ce que l'on sait

Le 31/03/2017, le centre de la Ligue de l'Enseignement a été vidé de ses 32 occupants. Ces derniers ont été orientés vers des CADA/HUDA un peu partout en France, vers des foyers d'hébergement ADOMA pour les 5 réfugiés statutaires, où vers des hôtels à Seyssinet. 6 d'entre eux ont été laissés à Grenoble parce qu'ils étaient convoqués au GUDA pour déposer des demandes d'asile, et n'avaient pas signé l'offre de prise en charge de l'OFII. Ces dernières personnes ont été accueillies de nouveau dans le Vercors par l'association des VERTACCUEILLANTS, qui les héberge pour quelques jours. L'association des Vertaccueillants a été très présente tout au long de leur séjour à Autrans. Les 60 autres personnes laissées à Grenoble, dont une quarantaine en demande d'asile, ont été logés par le CCAS de Grenoble dans des hôtels et attendent que l'OFII statue sur leur orientation en hébergement.

La tour du Village Olympique qui a été détruite par un incendie le matin du mercredi 15 mars était une résidence universitaire inoccupée du CROUS, habitée depuis près de 4 ans par des demandeurs d'asile africains. Dès mercredi matin, après un important déploiement des pompiers et de la police, 80 personnes avaient été mises à l'abri dans un gymnase par le CCAS de Grenoble. Aujourd'hui à 10h, 32 demandeurs d'asile et réfugiés ont été relogés temporairement par les services de l'Etat dans un centre de vacances à Autrans (Vercors) où ils ont été acheminés en car.  30 autres demandeurs d'asile et réfugiés n'ont pas pu être relogés à ce moment, et attendent une proposition de l'Etat.

En été 2012, des demandeurs d'asile alors majoritairement soudanais, tchadiens et érythréens se sont installés dans cette tour de 6 étages, d'une capacité de 90 chambres environ, en bon état mais sans eau chaude. Ils ont reçu l'appui de nombreuses personnes et collectifs. Ce squat, géré par ses habitants eux-mêmes, a toujours été maintenu propre et calme, la sécurité y était globalement bien assurée. La population a évolué, avec l'arrivée de personnes d'autres nationalités (Somalie, Cameroun Nigeria, Guinée, Centrafrique…), de femmes, et parfois de familles avec de jeunes enfants. La très grande majorité des habitants étaient demandeurs d'asile, inscrits dans différentes procédures. La tour avait l'électricité et l'eau froide, les habitants s'étaient organisés pour l'entretien, les prises de décision, les réparations…

Suite à un incident de secteur, l'électricité fut coupée le 14 février. La tour et les 4 bâtiments voisins ayant été cédés par le CROUS à France Domaine, l'électricité ne fut pas rétablie. Les habitants ont dû commencer à utiliser des bougies, chauffer leurs aliments sur des feux. L'ADA et les collectifs de soutiens ont approché le CROUS, la DDCS et la préfecture pour demander le rétablissement de l'électricité, face au risque d'incendie.

 Le matin du 15 mars, un incendie s'est déclaré et a rapidement gagné les étages. L'alerte a été rapidement donnée, mais des personnes ont dû sauter du 2ème étage. La tour était alors occupée par une centaine de personnes, dont une famille avec deux enfants. Une soixantaine de personnes étaient en demande d'asile. Au moins 6 personnes étaient des réfugiés suivis par l'ADA, en attente de logement. L'incendie s'est rapidement propagé près de l'issue de secours, et les fumées ont très vite envahi les étages.

Les pompiers et la police nationale sont intervenus, environ 75 habitants ont été installés dans un bâtiment voisin de la partie de la cité universitaire habitée par des étudiants. Les services de police ont rapidement dressé une liste des présents, envoyée à la préfecture. La plupart des personnes, n'ayant alors pas pu prendre leurs documents ou leurs possessions, n'ont pas pu donner leur identité exacte. D'autres ont pris la fuite dans la direction opposée, face au déploiement policier ou pour échapper à l'incendie.

6 personnes ont été hospitalisées, dont 2 personnes avec des fractures. Un homme est gravement blessé et est toujours hospitalisé, mais le bilan aurait pu être largement plus terrible.

Le CCAS de Grenoble a très vite mis les rescapés à l'abri dans le gymnase Alphonse Daudet, dans le quartier des Alpins, dès 10h30. Le SAMU a pu examiner les personnes, envoyer d'autres blessés vers l'hôpital pour des intoxications ou des contusions. La Croix Rouge a distribué des boissons, des vêtements et des aliments. Les habitants sont venues petit à petit, les personnes hospitalisées sont arrivées de l'hôpital dans l'après midi ou le lendemain.

Suite à une réunion entre la DDCS, la préfecture et le CCAS dès mercredi après midi puis jeudi soir, la préfecture a pris la décision d'organiser l'accueil de personnes en attente de CADA, dans un centre de vacances de la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) à Autrans, pour une période de 10 jours au maximum, avant une orientation vers des CADA pour les demandeurs d'asile, ou un hébergement approprié pour les réfugiés.

Jeudi soir, 80 personnes étaient présentes au gymnase, prises en charge par le CCAS.

Vendredi 17 mars au matin, l'OFII a été chargé d'organiser l'identification de 31 personnes sur une liste dressée par la DDCS. Le CCAS et l'ADA ont prêté leur concours pour achever la liste des personnes toujours présentes au gymnase. 31 personnes en cours de procédure de demande d'asile ou réfugiés, et 18 personnes en situation irrégulière, sont toujours en attente d'une solution. Le CCAS assure leur mise à l'abri dans le gymnase au moins pour le weekend. La préfecture doit statuer sur la prise en charge des demandeurs d'asile.

La tour incendiée est pour l'instant sécurisée, il est interdit d'y pénétrer jusqu'à ce qu'une expertise soit conduite sur les dégâts subis par la structure et la présence de produits nocifs. Les possessions et documents des habitants devraient leur être remis au cours de la semaine prochaine.

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