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Les restrictions aux frontières violent le droit international et européen

10 mars 2016 – Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est dit inquiet jeudi du projet d'accord entre l'Union européenne (UE) et la Turquie sur la question des réfugiés et des migrants et a exhorté l'UE à adopter une approche plus humaine et plus respectueuse du droit international.

« L'ébauche d'accord entre l'Union européenne et la Turquie soulève un certain nombre de préoccupations très graves. Nous n'avons pas encore tous les détails de ce projet d'accord, et j'ai l'intention de faire part de mes préoccupations pendant ma visite à Bruxelles, au début de la semaine prochaine, avant le Sommet de l'UE de deux jours qui commence le 17 mars. Je suis notamment préoccupé par les possibles expulsions collectives et arbitraires, qui sont illégales », a déclaré M. Zeid dans un discours devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève.

« Les restrictions aux frontières qui ne permettent pas de déterminer le cas de chaque individu violent le droit international et européen », a-t-il ajouté. « Je dois aussi réitérer ma profonde préoccupation au sujet des mesures restrictives telles que l'installation de clôtures; le refuser d'accorder aux gens des procédures individualisées; et le refus arbitraire d'autoriser l'entrée de personnes ayant des nationalités spécifiques. Je suis en outre préoccupé par les mesures visant à saisir les biens de personnes qui ont peut-être déjà beaucoup souffert, et à les empêcher de faire venir des membres de leur famille ».

« La majorité des personnes qui tentent ce voyage sont des femmes et des enfants, dont certains dans des situations d'extrême vulnérabilité », a souligné M. Zeid. « Je reconnais la générosité avec laquelle l'Allemagne a accueilli environ un million de personnes l'an dernier, et les efforts de la Grèce, tout au long de 2015, pour adopter une approche humaine, en évitant la détention et les refoulements en mer. Mais aujourd'hui, en violation des principes fondamentaux de solidarité, de dignité humaine et des droits de l'homme, la course pour repousser ces gens s'accélère ».

Selon lui, la situation en Grèce est actuellement dramatique. « Les migrants sont maintenant incapables de quitter le pays en raison des restrictions frontalières imposées par l'Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et l'ex-République yougoslave de Macédoine. Cette approche lamentable, ainsi que d'autres mesures prises par des pays comme la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne, crée une grande détresse pour un grand nombre de personnes et met la pression sur la Grèce, un pays qui a déjà besoin d'assistance. La Grèce a lutté pendant des mois pour maintenir des conditions humaines de réception pour les personnes désespérées qui arrivent par la mer. Je rends hommage aux bénévoles et aux militants qui tentent de les aider », a dit M. Zeid.

Le chef des droits de l'homme des Nations Unies a demandé instamment à l'UE « d'adopter une série de mesures plus humaines et plus conformes au droit en matière de migration au sommet de la semaine prochaine ». « Les garanties internationales protégeant les droits de l'homme ne peuvent pas être ignorées ou diluées », a-t-il ajouté.

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